Le 18 mars dernier, le Conseil européen et la Turquie se sont entendus sur un accord visant à « résoudre » la crise des réfugiés. Un accord qui viole la substance même du droit européen concernant la protection internationale. Un accord qui permet une fois de plus à l’Europe d’externaliser ses frontières et de se déresponsabiliser.

Le Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR) ainsi que toutes les grandes organisations de défense des droits humains se sont indignés de cet accord, qui revient à accepter la marchandisation des êtres humains en échange de concessions politiques. Concessions faites à un pays auquel par ailleurs l’Union a souvent reproché ses manquements en matière de droits de l’homme.

Quelques semaines après la mise en œuvre de cet accord, la situation en Grèce est proche du péril humanitaire. Des dizaines de milliers de personnes, à l’avenir incertain, sont bloquées dans des camps dans des conditions sanitaires désastreuses. Jusqu’à présent, seuls 103 réfugiés syriens ont été réinstallés dans l’Union européenne selon le programme « 1 pour 1 », alors qu’environ 400 personnes ont été renvoyées vers la Turquie.

Hors, environ 8000 personnes sont arrivées sur les îles grecques depuis le 20 mars. De plus, les départs de Libye vers l’Italie enregistrent également une forte progression depuis quelques semaines, comme chaque année à cette saison. Nous pouvons redouter que l’accord UE-Ankara coupant la route des Balkans pousse les personnes en fuite à emprunter davantage la voie libyenne, avec les nombreux risques qu’elle comporte.

Nous demandons aux parlementaires européens de dénoncer l’accord que l’Union a conclu avec la Turquie et de mettre en œuvre le plan de relocalisation décidé par la Commission européenne. L’Europe doit ensuite établir un plan commun d’accueil ambitieux solidaire des pays de premières lignes, qui soit à même de résoudre cette crise humanitaire. Un accueil qui ne peut se faire sans envisager des voies légales et sûres d’entrée en Europe pour les réfugiés. L’Union Européenne doit également tout mettre en œuvre pour contribuer à résoudre les conflits et crises politiques dans les différents pays d’origine.

Le Comité Exécutif du CLAE